La confiance en soi ne se décrète pas : elle se reconstruit.

Posté le 30 octobre 2026 | Actualité

On confond souvent trois choses : la confiance en soi, l’estime de soi et l’amour de soi. Pourtant, elles ne se réparent pas au même endroit ni de la même façon. Et pour retrouver confiance en soi après un traumatisme d’enfance, il faut s’intéresser à consolider les trois dimensions.

Confiance en soi, estime de soi, amour de soi : quelle différence ?

Définition rapide

La confiance en soi

La capacité opérationnelle à agir, à se lancer, à faire confiance à ses ressources face à une situation concrète.

L’estime de soi

Le regard qu’on porte sur sa propre valeur. Le sentiment que l’on compte, indépendamment de ce que les autres pensent ou disent.

L’amour de soi

Le socle. La capacité à se tourner vers soi avec bienveillance, à se reconnaître le droit d’exister tel qu’on est, sans condition de performance, de mérite ou d’utilité.

La confiance en soi est la plus visible des trois. C’est pourquoi on la poursuit en premier. Mais quand le socle, l’amour de soi, est fissuré, courir après la confiance, c’est réparer le toit en ignorant les fondations.

Et quand on a grandi avec des carences affectives, un traumatisme précoce, ou une hypersensibilité qui n’a jamais été accueillie, ces trois-là ont souvent été abîmées ensemble. C’est précisément ce qui rend le chemin si déroutant.

Quand on a appris enfant à se faire invisible

J’en sais quelque chose. Mon propre parcours de reconstruction, après le drame d’un inceste sur plusieurs années dans l’enfance, m’a appris que la confiance en soi ne se résume pas à « oser prendre la parole en réunion » ou « se lancer un défi ». 

Quand on a appris très tôt que se faire invisible était la condition de survie, que ce qu’on ressentait n’avait pas le droit d’exister, que notre corps n’était pas vraiment le nôtre, alors le sujet est surtout de se trouver à nouveau dans son intégrité. 

Les blessures d’enfance ont construit un réflexe profond, systémique, du « je ne serai pas crue ni comprise ». Une habitude à se mettre en retrait par sécurité.

Et ce réflexe ne se démonte pas par des affirmations positives. Il se déconstruit lentement, avec respect, à travers un travail qui touche à la fois le corps, les croyances installées, le système nerveux et les récits qu’on s’est racontés pour tenir.

J’ai cherché mon chemin, longtemps perdue dans le syndrome de l’impostrice

Le manque de confiance, je l’ai aussi traversé dans ma vie professionnelle. Je vous épargne toutes les étapes, mais une m’a marquée : après dix ans de salariat, de responsable de rayon chez IKEA à directrice marketing en PME, puis quelques années comme illustratrice indépendante, je suis revenue en salariat comme graphiste, simple employée. J’avais été cheffe, je devenais collaboratrice. J’ai compris de l’intérieur ce que signifie être invisible dans une organisation, et ce retournement m’a enseigné plus sur la souffrance insidieuse au travail que toutes mes fonctions de direction.

En parallèle, je construisais autre chose : ateliers créatifs, immersion dans le bouddhisme tibétain, formation MBSR aux États-Unis. En 2012, j’ai créé mon entreprise pour diffuser la pleine conscience auprès des salariés, puis je me suis tournée vers l’accompagnement individuel, en continuant à me former. Mon parcours complet est sur ma page Qui suis-je ?

Aucune de ces étapes n’était un détour. Chacune m’a rapprochée de ce que je cherchais sans le savoir : accompagner les autres sur ce chemin de reconstruction. Et pour le faire sérieusement, je me suis copieusement formée.

Aujourd’hui, je suis psychopraticienne. Je m’adresse particulièrement aux personnes hautement sensibles et/ou HPI, et à celles qui portent des blessures d’enfance : refoulement, blessures d’attachement, traumatismes. 

Mon intention est d’aider à apaiser le système nerveux, à comprendre les croyances limitantes, et à retrouver une manière plus libre et plus douce d’être en lien avec soi et avec les autres.

Mon approche est intégrative et concrète : nous travaillons avec le corps, le système nerveux, les croyances, les valeurs de vie et la résilience. Mon fil rouge est orienté TCC, avec l’ajout des pratiques narratives, de l’EMDR et de l’art-thérapie.

Retrouver confiance en soi après un trauma d’enfance : quatre repères

1. Comprendre d’où vient la fissure, sans s’y noyer

Il ne s’agit pas de fouiller son passé sans fin, mais d’identifier suffisamment clairement, ce qui a été appris : « je ne vaux rien », « mes émotions ne sont pas les bienvenues », « je dois me faire oublier pour être en sécurité ». Ces croyances ne sont pas des traits de caractère. Ce sont des stratégies de survie, souvent installées très tôt, qui ont sauvé la personne à un moment donné. Les respecter, c’est déjà commencer à se respecter.

Les pratiques narratives sont précieuses ici : nous ne sommes pas notre problème. Nous avons une histoire, et elle peut évoluer. Prendre de la distance avec les récits limitants, identifier les ressources déjà présentes, redonner du choix et du mouvement : cela consolide la confiance et l’élan de vie.

2. Travailler avec le corps et le système nerveux, pas seulement avec le mental

La confiance en soi se joue moins dans les pensées que dans le système nerveux: dans la capacité à rester présent·e à soi quand quelque chose se joue, à ne pas disparaître de l’intérieur. La pleine conscience, les approches corporelles, l’EMDR pour les mémoires traumatiques : tout cela agit là où les mots seuls n’atteignent pas. On ne raisonne pas une blessure d’attachement. On la désactive, lentement, en retrouvant un sentiment de sécurité intérieure.

La psychologie bouddhiste, sans dogme, offre aussi des outils puissants : reconnaître les schémas mentaux répétitifs, apaiser la relation aux émotions difficiles, développer une présence plus stable à soi, et trouver du sens à sa vie. Le travail se fait à partir de l’expérience vécue, dans le respect du rythme de chacun.

3. Réparer l’estime de soi avant d’exiger la confiance

C’est peut-être le point le plus important : vouloir « avoir confiance en soi » alors qu’on ne s’estime pas, c’est courir avant de savoir marcher. L’estime de soi se construit en restaurant le sentiment de valeur, pas par la performance, mais par l’expérience répétée d’être accueilli·e, vu·e, reconnu·e dans ce qu’on est, pas seulement dans ce qu’on fait.

L’insécurité vécue dans les relations de l’enfance a fragilisé l’estime qu’on a de soi-même. On doute que les autres nous trouvent intéressant·e, ou que nous puissions apporter quelque chose. On perpétue le regard critique sur soi, sur les défauts qu’on nous a répétés enfant. 

C’est en retrouvant le chemin vers nos ressources que beaucoup de choses bougent : on ose tenter d’autres fonctionnements, on ose dire ses besoins. Petit à petit, l’estime de soi remonte, et avec elle la confiance, comme un cercle vertueux qui agit sur les trois plans (confiance, estime, amour de soi).

L’art-thérapie et l’écriture thérapeutique sont des espaces précieux pour cela. Les formes, les couleurs, les gestes, les mots deviennent des médiateurs. Aucune compétence artistique ou littéraire n’est requise : seule compte l’authenticité du geste. Exprimer ce qui n’a pas trouvé de mots, clarifier pensées et émotions, prendre du recul sur son histoire : cela soutient l’apaisement et la compréhension de soi.

Bien sûr, les pratiques narratives jouent aussi un grand rôle : elles permettent de renouer avec ce qui a été bon pour nous, nos réussites, les personnes qui ont compté et ont contribué à nous donner de la valeur.

4. Réapprendre à s’aimer, sans condition

L’amour de soi est le socle le plus abîmé quand l’enfance a été marquée par l’insécurité, l’abandon ou des traumatismes (inceste, violences, carences affectives). Réapprendre à se tourner vers soi avec tendresse, à devenir une présence amie pour soi-même, à cesser d’être son propre juge critique : c’est le travail le plus intime et le plus transformateur. 

Il ne se fait pas en quelques semaines. Mais chaque pas compte, et chaque pas libère de l’énergie qui était jusque-là absorbée par la guerre intérieure. Une sécurité profonde se consolide. Un sentiment de protection que l’enfance n’avait pas garanti. On devient « un bon parent pour soi », comme le disait un psychiatre en parlant de l’effet de la thérapie.

Et si vous vous reconnaissez…

Si ces lignes résonnent, si vous êtes de ces personnes hypersensibles, marquées par des blessures d’enfance, qui se sentent souvent « trop » ou « pas assez », qui fonctionnent bien à l’extérieur mais se sentent invisibles à l’intérieur, sachez qu’il n’y a rien de cassé en vous. Il y a un apprentissage à défaire, et un chemin à retrouver.

Je propose un suivi individuel adapté à votre situation : la durée se définit selon le besoin, pas selon un cadre préétabli. Les rendez-vous sont possibles par Zoom.

Si vous souhaitez en parler, vous pouvez me contacter. Le premier échange sert à voir si ma posture vous convient ; il n’engage à rien.