La résilience est-elle possible ? Ce que nous apprend le modèle de Kobasa

Posté le 17 août 2026 | Actualité, haute sensibilité - HPI

La résilience psychologique, c’est cette capacité à traverser une épreuve sans s’effondrer, et parfois même à en ressortir plus solide. Mais concrètement, comment se construit-elle ? Il existe plusieurs façons de l’expliquer, et celle qui me parle le plus est le modèle de la psychologue Suzanne Kobasa, popularisé sous le nom de hardiness (la « force psychologique »). Cette force psychologique qui nous permet de traverser les épreuves sans rester sous leur emprise ensuite. 

Qu’est-ce que la résilience psychologique ?

La résilience n’est pas un trait de caractère qu’on a ou qu’on n’a pas. C’est une capacité qui se cultive, dans l’intention de nourrir un état d’esprit équilibré, plutot que de plonger dans la peur, la dramatisation ou la panique. Elle ne consiste pas à ignorer la douleur d’un choc ou d’un traumatisme, mais à trouver, malgré tout, un espace où l’on se sent encore actrice ou acteur de sa vie. Dans cet espace se trouve notre capacité d’équilibre et de stabilité pour préserver nos forces au lieu de les dilapider dans la peur.

Le modèle de Kobasa : trois piliers pour retrouver prise sur les événements

Suzanne Kobasa identifie trois dimensions ( elle a mené une recherche scientifique sur le sujet auprès de survivants de traumatismes) qui, ensemble, permettent de traverser les épreuves sans être submergé.e :

  • L’engagement : rester impliqué.e dans ce qui se passe plutôt que de se retirer.
  • Le sens du contrôle : chercher, même à toute petite échelle, ce sur quoi on peut encore influer.
  • Le sens du défi : considérer l’épreuve comme quelque chose à traverser plutôt que comme une fatalité subie.

Un traumatisme ou un choc nous fait avant tout sentir impuissant.e. Cela peut nous faire perdre nos capacités ou nous figer. Cela va avoir des impacts sur notre santé si le stress intense dure longtemps SAUF SI on veille à garder une forme d’équilibre intérieur sans céder à la panique. 

C’est pour cela que ces 3 aspects sont de bons rappels pour garder le cap. 

Mon expérience : traverser la maladie d’Alzheimer de mon père

Quand mon père a été atteint d’Alzheimer, passé le choc de la nouvelle, j’ai cherché intuitivement comment m’engager dans cette période difficile plutôt que de la subir. J’avais à cœur de pouvoir rester en lien avec la situation plutot que de la fuir. 

La méditation m’a beaucoup aidée à traverser les émotions qui allaient et venaient. J’ai aussi fait un choix : être avec lui tel qu’il était, dans l’instant présent. Il ne me reconnaissait plus, mais le lien de cœur, lui, était toujours là. Ce lien a duré jusqu’à son décès.


J’avais en tête l’histoire de cette femme dont le mari était atteint d’un cancer en phase terminale et quand elle etait avec lui, elle n’arrêtait pas de s’occuper, ne savait pas se poser avec lui. Elle en souffrait mais c’était plus fort qu’elle. Elle en parlé à un guide de meditation qui lui a conseillé de pratiquer la méditations de la compassion pour lui mais aussi pour elle-même. Cette pratique l’a beaucoup soutenue, elle se posait avec elle-même, calmement et faisait des souhaits pour qu’il puisse traverser cette épreuve sereinement et respirait avec son cœur tourné vers lui, puis également elle se souhaitait de pouvoir être présente avec apaisement à ses côtés. Bien sûr, elle a beaucoup pleuré pendant ces méditations mais elle y a aussi trouvé le calme et la force de traverser l’épreuve. À partir de ce moment la, elle a pu être à ses côtés, calme et connectée à lui. Ca a été des moments forts qui l’accompagnent encore aujourd’hui. 

Avec le recul, je pense que c’était ma façon à moi de relever ce défi  : m’engager de mon mieux à ses côtés et chercher comment influer positivement sur cette situation par ma presence, même sans pouvoir la changer. J’ai eu beaucoup de peine tout au long de cette épreuve, et j’ai aussi gardé quelque chose de précieux de ces moments de vie, tels qu’ils étaient vraiment. Et je suis également fière d’avoir su garder cette « bravoure au cœur » comme le dit Pema Chödrön. 

Comment cultiver sa résilience au quotidien

Les trois piliers de Kobasa ne demandent pas de grands bouleversements. Ils peuvent se traduire par des gestes très simples :

  • Nommer une chose, même minuscule, sur laquelle vous gardez la main aujourd’hui.
  • Rester en lien avec ce qui se passe, plutôt que de s’en couper pour se protéger.
  • Prendre le temps de se poser avec soi et de se faire accompagner pour accueillir les émotions sans les nier. 
  • Se poser la question : « qu’est-ce que cette épreuve me demande de traverser, plutôt que de subir ? »

La méditation de pleine conscience est un appui précieux pour ça : elle aide à rester présent.e à ce qui est, sans se couper de ses émotions ni se laisser emporter par elles.

Résilience et hypersensibilité : un lien particulier

Chez les personnes hypersensibles ou à haut potentiel, les chocs et les traumatismes peuvent être vécus avec une intensité particulière. Le sentiment d’impuissance, lui aussi, peut être amplifié. C’est une raison de plus pour laquelle ces trois piliers, engagement,sens du contrôle, sens du défi, méritent d’être apprivoisés avec douceur, à son rythme, sans se mettre la pression de « devoir » être résiliente à tout prix.

À retenir

  • La résilience se cultive à travers trois piliers : l’engagement, le contrôle et le défi (modèle de Kobasa).
  • Retrouver même une toute petite action sur laquelle on garde la main aide à sortir du sentiment d’impuissance.
  • La pleine conscience est un appui concret pour traverser une épreuve sans s’en couper.

Si vous traversez une période difficile et que vous cherchez un espace pour poser tout ça, le suivi individuel peut être un point de départ. Prendre rendez-vous.